Les cadres financiers du PLC et du PCC, ça urge!

Changement versus stabilité, c’est ainsi qu’on peut réduire à sa plus simple expression le contraste entre Pierre Poilievre et Mark Carney.
Tous deux plaident que cette élection est la plus importante de notre époque. L’un et l’autre affirment qu’il faut réinventer l’économie canadienne tout en attaquant la crédibilité et la compétence de son adversaire.
Pourtant, aucun ne s’est soumis au test du réel.
Combien coûtent leurs promesses électorales? Comment assainir les finances publiques sans couper dans les programmes sociaux?
À 14 jours du vote, il est grand temps de savoir!
Quel débat?
Dans cette campagne trop courte pour l’ampleur des enjeux, on ne cesse de plaider que les deux débats officiels de cette semaine seront déterminants. Peut-être, mais pour l’être vraiment, il faudrait plus qu’un exercice de relations publiques. En l’absence des plateformes complètes, j’en doute.
Un débat des chefs sans cadres financiers, c’est comme acheter une maison sans en connaître le prix.
L’enjeu est d’autant plus important que pour l’électeur moyen, les promesses de Poilievre et Carney se rejoignent à bien des égards.
Quel équilibre budgétaire?
Les deux chefs promettent des baisses d’impôts et un congé de TPS sur les maisons neuves. Tous deux s’engagent à faciliter la construction de pipelines et de grands projets d’exploitation des ressources naturelles. Ils promettent également de maintenir l’assurance dentaire sans couper dans les programmes sociaux.
Très bien. Et comment finance-t-on tout cela?
Pierre Poilievre propose de couper un dollar pour chaque dollar de nouvelles dépenses, sans préciser l’ampleur des économies espérées. Mark Carney veut équilibrer les « dépenses d’opérations » en excluant les infrastructures, redéfinissant ainsi la notion même d’équilibre budgétaire à Ottawa.
De part et d’autre, les zones grises sont aussi nombreuses que simplifiées à l’extrême.
Si l’un ou l’autre mérite de diriger le pays, il serait grand temps de mettre de la viande autour de l’os. Les impressions ne suffisent pas.